Reliures contemporaines au Cloitre de La Psalette à Tours

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Du 22 septembre au 22 Octobre 2017

dimanche 9 janvier 2011

La coulée du fondeur.

La caresse de l'artiste sur sa pièce.


J'ai eu la chance vendredi dernier, de pouvoir suivre mon frère, Georges Gilbert Cazeneuve chez son fondeur de bronze.
Il allait vérifier les cires justes coulées d'une de ses sculptures. 


Je vais donc essayer de vous rapporter, de manière très succincte, les explications sur le procédé de la coulée du bronze que m'a donné Ludovic, que je remercie encore.











Georges, sculpteur, a fait faire 3 bronzes d'une de ses sculptures. 
La technique employée pour faire ses bronzes est la plus belle, c'est celle qui emploie la technique de la cire perdue.
Moule en silicone dans sa gangue de plâtre.


Dans un premier temps un moulage de sa pièce sculptée est réalisé en silicone et, pour solidifier le moule, il est entouré d'une gangue en plâtre.Le moule est en 2 parties qui sont les 2 moitiés de la pièce.


Détail du moule.






Cire d'abeille teintée au noir de fumée.











L'intérieur des 2 demi-moules est alors enduit au pinceau, avec de la cire d'abeille, teintée au noir de fumée. Cela permet de voir les manques sur le moule blanc.










Après séchage, les 2 parties du moule sont rassemblées et maintenues avec du scotch ! 
Si, si.








L'opération suivante, à laquelle j'ai eu la chance d'assister, consiste à faire couler de la cire, (qui doit être évidement à la juste température) dans le moule, par un trou qui est à la base du moule. Il peut y avoir plusieurs ouvertures selon la grosseur du moule, sur la photo l'on peut voir 3 trous.
Cette "coulée de cire" donnera une réplique en cire de l'original.





A cette étape on voit toute l'expérience du fondeur qui doit laisser  le juste temps nécessaire à la cire pour se refroidir. C'est cette épaisseur qui sera l'épaisseur définitive de la pièce en bronze.



















Ensuite l'excédent de cire est vidé du moule.
Il y aura autant d'épreuves en cire que de tirages : 12 au maximum,8 numérotées de 1 à 8 en chiffres arabes et 4 épreuves d'artistes numérotées en chiffres romains et toutes signées par l'artiste.

Signature et numéro du tirage.





















Après séchage, le moule en silicone est ouvert pour en retirer l'épreuve en cire. C'est à ce moment que l'artiste vient vérifier que l'épreuve  est fidèle à la pièce originelle, sans défaut, petits coups et autres accrocs.






La pièce originale à gauche, les épreuves en cire à droite.
Après ce contrôle vient alors l'opération dite de "grappage" : on ajoute des tiges de cires au moule, de façon à faire un passage pour le bronze lors de la coulée.
Puis le moule en cire est placé dans un cylindre métallique, dans lequel on coule du plâtre réfractaire qui l'englobe complètement.
Le cylindre plâtré est mis ensuite au four pour être cuit et pendant cette opération la cire fond dans le four. Elle est "perdue".
La cuisson en fonction de la taille des pièces peut durer entre 50 et 70 heures : il y a montée en température, stabilisation ,à un maximum de 800 ° et ensuite descente en température. 
Après la sortie du cylindre du four et le refroidissement du plâtre toujours en fonction de la pièce à couler, vient enfin le moment de la coulée de bronze qui selon le fondeur est un moment magnifique, très rapide mais très beau, avec le bronze rouge comme de la lave en fusion.
Peut-être aurais-je la chance de revenir lors de cette dernière opération ?
Epreuve en cire.


Ensuite un autre métier de finition est nécessaire : celui du patinage de la pièce. Il faut en effet nettoyer la pièce, l'ébarber des bavures, et donner une patine avec des acides. Un mystère que j'aurai peut-être le plaisir de voir un autre jour. 
Je comprends mieux désormais la réalisation d'un bronze et la magie de ce travail. J'espère que pour vous aussi, c'est plus clair.










Voici les bronzes terminés avec trois patines différentes.


Site de Georges ;  http://georgesgilbertcazeneuve.com/