Reliures contemporaines au Cloitre de La Psalette à Tours

Reliures contemporaines au Cloitre de La Psalette à Tours
Du 22 septembre au 22 Octobre 2017

dimanche 28 mars 2010

Mes outils lorsque je me déplace.

En préparant  mon stage de Pau et en posant sur ma plaque de coupe mon matériel, pour ne rien oublier, j'avais pensé que cela pouvait vous intéresser de voir les outils que j'emporte en voyage et de vous montrer plus généralement les petits outils du relieur.

Mes outils en voyage.

 Les outils de coupe :
  • La pointe qui est un outil très spécifique à la reliure et dont je me sers encore pour débrocher et  élaguer.
  • Les scalpels, dont l'utilisation est assez récente pour le monde de la reliure, ce qui veut dire environ une vingtaine d'années.
Avec le scalpel nous avons un outil toujours performant, une lame qu'il suffit de changer pour avoir une coupe parfaite. C'est formidable, mais gare aux bouts de doigts ! Il existe une grande gamme de lames aux formes diverses, adaptées à chaque geste et à chaque opération, de l'élagage à la parure des peaux.Certains relieurs ont leur lame fétiche avec laquelle ils se sentent à l'aise pour n'importe quel travail.
Lorsque je me déplace j'ai un étui à cigare, trouvé sur une brocante qui m'est bien utile pour ranger et transporter tous mes outils coupants.
J'avais ma pince coupante cette fois-ci pour les tiges métalliques de la reliure à charnières piano.


Les plioirs :
Nous utilisons des plioirs en os, en bois et en téflon.
Ils nous servent dans beaucoup d'occasions pour  masser le papier lors des collages, pour  plier,  marquer d'un trait net le papier le long de la règle... 
Le petit plioir du haut de la photo est un plioir ancien qui aidait à façonner les coiffes en peau. Il a une petite encoche à cet effet.
Le plioir carré de gauche est un plioir en téflon, qui ne marque pas et ne lustre pas lorsque l'on travaille une matière fragile.

Les plioirs en bois servent principalement à plier le papier. Personnellement je m'en sers moins. Je les utilise lorsque je veux découper une feuille en laissant des bords irréguliers.
Le plioir courbe, que j'ai fabriqué il y a fort longtemps avec un morceau de buis, m'aide à coller "des goudrons" sur le dos des livres.(Le papier goudron était un papier qui servait à consolider le dos des livres et ce terme est devenu maintenant un générique pour toutes matières dont on se sert pour cette opération ; mousseline, papiers, peaux.)




Les réglets et équerres :
Ils nous servent bien sûr pour prendre nos mesures. 
Le réglet a une largeur de 3 cm, dimension très utilisée dans de nombreuses opérations.Il sert de guide pour la coupe.
L'équerre est indispensable pour faire un travail net et précis. Celle-ci en plastique transparent avec un quadrillage central est très pratique. Elle a un coté métallique qui protège son champ lorsque l'on coupe.
L'équerre à talon permet d'aligner les cartons, d'équerrer le livre dans l'étau pour le grecquage.
Et la petite équerre verte nous aide à marquer les coins sur le plats des livres.


Voici pour les outils, je dirai, les plus importants. Je vous parlerai des complémentaires indispensables, que nous fabriquons, pour certains, nous-mêmes, à la demande et à la main de chacun.

vendredi 12 mars 2010

Des peaux plein l'atelier.

Nous venons de passer une commande importante de peaux de buffles que nous faisons venir de la tannerie Carriat implantée dans le pays basque ( un coin de ce sud-ouest que je chéri tant), avec qui je travaille depuis de nombreuses années et qui tanne du buffle et du taurillon. Chacun à l'atelier avait choisi ses couleurs et les choix majoritaires furent commandés pour pouvoir partager les peaux qui font entre 2 et 4 m2. 



Une fois les peaux reçues, j'avais pour mission de les partager : en fonction de la demande entre 3 et 8 morceaux selon les couleurs. Inutile de vous dire mon appréhension au premier coup de cutter.



Il fallait prendre en compte les petits défauts inhérents à chaque animal qui a pris un coup et s'est blessé. Aussi les différentes parties de la peau qui sont plus ou moins faciles à travailler et de plus ou moins bonne qualité.




La partie autour de la colonne vertébrale est la plus belle, le collet et le croupion sont plus durs sans parler des pattes qui elles sont plus molles et élastiques.
Et puis il y a aussi le petit grain, régulier ou le gros grain qui est plus propice à la création.




Et enfin une peau n'étant pas carrée, il me fallait respecter une égalité entre surfaces. 
Bref c'était un casse tête, mais chacun a trouvé son compte au moment du partage final, avec une bonne éducation et une gentillesse qui font de cet atelier un havre de cordialité. 
Si, si !
Pour pouvoir être travaillées, ces peaux de buffle qui sont très épaisses doivent être parées, c'est à dire amincies. Nous les envoyons pour cela chez un pareur à Paris qui va dédoubler les peaux en strates. Je vous renvoi à mon article du mois d'octobre 2009 : "Carnet de voyage, la parure". Vous verrez le travail qui doit être fait sur les peaux avant qu'elles soient collées sur nos livres.


Si vous voulez en savoir plus sur le tannage des peaux, voici un site que j'ai trouvé assez complet :
http://astelier-medieval-du-cuir.over-blog.com/categorie-463580.html