Reliures contemporaines au Cloitre de La Psalette à Tours

Reliures contemporaines au Cloitre de La Psalette à Tours
Du 22 septembre au 22 Octobre 2017

samedi 30 janvier 2010

Colle et linogravure, 2 sacrées journées !

Papier à la colle.

L'atelier se remet doucement des 2 journées de stage de papiers, qui lui en on fait voir de toutes les couleurs !
En effet, avec une bonne humeur mémorable, nous avons passé 2 belles journées dans la colle et les peintures.

Papiers à la colle.

C'est avec de la colle colorée que nous avons travaillé sur les papiers, le premier jour du stage.

Pinceaux, rouleaux, éponges, grattoirs de pare-brise(oui, oui !)raclettes, ont permis de faire des décors pour des papiers de plats.


Martine a des trésors de matériel. Entre autres, un "kit" ancien, en laiton, qui servait à réaliser les faux bois en peinture et dont nous nous servons pour donner des effets à la colle.

Voilà le résultat.

La colle est étalée sur le papier puis travaillée avec ces différents accessoires pour lui donner des nuances harmonieuses et pleines de caractère.

Papiers linogravés.
Le deuxième jour leur était consacré.

La technique consiste à graver du linoléum qui est collé ensuite sur un morceau de bois pour faire un tampon. Celui-ci est alors coloré et reproduit sur la feuille de papier, en une succession du motif.

Après avoir dessiner son motif que l'on reporte sur la plaque de lino à l'aide d'un carbone, on grave celui-ci avec une gouge.


Attention aux doigts !

Toute la question était de savoir si l'on voulait son dessin en négatif ou en positif. Se projeter posa quelques difficultés.

Lino gravé.

Il faut savoir tout faire :
Geneviève se démène pour mettre à la bonne taille un morceau de bois.

Puis après le séchage des linos,collés sur un morceau de bois, enfin on se lance. Timidement tout d'abord. Une seule couleur, il faut trouver la bonne pression, ne pas trop "tartiner" le tampon.

Enfin, les mains se délient, on se lâche avec les couleurs, on ose passer et repasser, tourner sa feuille et son tampon. Bref cela devient magnifique. Je me régale, les papiers sont très beaux.
Bravo à toutes !
Cette technique, très simple, permet à chacun de réaliser ses propres papiers, en parfaite harmonie avec sa reliure. Elle nécessite peu de place, peu de matériel : un coin de table, quelques couleurs acryliques et un pinceau et une fois les tampons réalisés, ils peuvent servir un grand nombre de fois.
Derniers petits riens indispensables :
un peu de talent,
une pincée de sens des couleurs
et un grain de folie !

P.S : Un diaporama de la journée défile sur la droite.

dimanche 3 janvier 2010

La Pierpont Morgan Library de New-York.


Lors de notre séjour à New-york, je suis allée visiter la Morgan Library.
Cette bibliothèque est belle, mélange de tradition et de modernité : des meubles anciens et rayonnages en bois côtoient des enfilades de "computers" où travaillent les étudiants et les chercheurs.
J'ai eu le plaisir d'y voir un des exemplaires de la Bible imprimée par Gutenberg vers 1450. J'ai été très frustrée de ne pas pouvoir la toucher pour la regarder sous toutes les coutures et observer les coiffes et la reliure plus en détail. Mais quelle merveille!

La Morgan Library en possède, semble t-il, 3 exemplaires : une copie sur vélin (parchemin) et 2 sur papier. 18O exemplaires environ ont été tirés par Gutenberg et 48 sont conservés jusqu'à aujourd'hui dans différentes bibliothèques à travers le monde. (Certains gougnafiers ont osé casser certaines reliures pour vendre le livre à la page !)
Voici la bible en papier que j'ai photographiée
dans la vitrine de la bibliothèque. (In folio 41X31cm)
Si un peu de l'histoire de cette Bible vous intéresse voici très brièvement quelques explications :
Il fallu environ 3 ans, jusque dans les années 1454, pour terminer tous les exemplaires. Malgré tout c'était beaucoup plus rapide que le travail des copistes.
Les premières pages de la bible comportent deux colonnes de 40 lignes par page d'où son appellation de "Bible à 42 lignes", certaines pages en ont 41.
Reproduction d'une page de la British library de Londres.
Pour gagner du temps et économiser du papier, qui venait d'Italie, Gutenberg finit par réduire les caractères et imprima sur 36 lignes.Cette bible était vendue par souscription et l'on pouvait commander un exemplaire en papier ou en vélin. Pour l'anecdote, l'exemplaire en papier pesait 13,5kgs et en parchemin 22,5kgs. Le livre a évolué depuis, avec les formats poche!
Des blancs étaient laissés à l'emplacement des lettrines, pour être enluminés ensuite au choix des possesseurs.
Comme dans les manuscrits les plus réussis, l'impression aligne toutes les fins de lignes sur la marge de droite. Ce que l'on appelle en termes d'imprimerie des lignes "justifiées". Pour arriver à ce résultat Gutenberg utilise une ponctuation de différentes largeurs , et remplace certains mots par leur abréviation. Il emploie également les ligatures, où 2 lettres sont accolées et fondues ensembles.
Deux hommes étaient nécessaires pour imprimer le livre sur la presse. L'un encrait, l'autre serrait la presse.
Les livres qui ont été imprimés entre les années 1450 et 1500 sont appelés "Incunables".
Oups, j'allais oublier !
Je vous souhaite à tous
une très heureuse année 2010,
et beaucoup de plaisir autour du livre,
avec de bonnes lectures et de belles reliures.