Reliures contemporaines au Cloitre de La Psalette à Tours

Reliures contemporaines au Cloitre de La Psalette à Tours
Du 22 septembre au 22 Octobre 2017

dimanche 28 novembre 2010

Des agendas à la baguette !

Pendant 2 jours, agendas et répertoires n'avaient qu'à bien se tenir ! Ils ont été menés à la baguette... en gouttière.
Nous les avons bichonnés pour qu'ils soient beaux toute une année, posés sagement près du téléphone, ballottés dans un sac, ou en chevalet sur des genoux comme carnet de voyage.

Nous avons commencé à préparer le décor des peaux, à l'acrylique pour certaines ou encore avec une patine à l'eau de colle. Les doublures de peaux utilisées avaient besoin d'un coup de neuf.
Martine était minutieuse avec un décor en pointillés alors qu' Elisabeth laissait aller sa créativité en couleurs.


Et Marie nous accompagnait, profitant de sa présence à la maison, pour faire son agenda elle-même avec beaucoup d'application !


Nous avons ensuite doublé les peaux avec un japon pour qu'elles se tiennent mieux aux collages.Puis vint le travail de la reliure proprement dite.
 Il s'agissait de couper les peaux aux bonnes dimensions, sans dévier,de préparer son gabarit de grecquage,de coller ses gardes en papier ou en peau, de poser ses baguettes après les avoir teintées, 

et enfin de poser ses bandes de peaux sur les rabats.

Moment délicat car les bandes fines avaient une fâcheuse tendance à faire le serpent. 




Nous avons également pu rapidement aborder la technique du ponçage pour marquer les peaux, confectionner des perles en papier à intégrer à la couture et pour finir



Marie a préparé la maquette de son  décor, en oeser blanc. 
Elle a gardé sa peau naturelle car après parure sa doublure était très belle, et a choisi un simple décor de filets sur son plat avant.  

Ils avaient tous fort belle allure, samedi soir.









lundi 8 novembre 2010

Carnet de voyage (suite et fin).

Carnet de voyage à plats rapportés :
Dos en chagrin marron, plats en parchemin. 
Pièce de titre en parchemin.

En recherchant le dernier article sur le carnet de voyage de Marie, je m’aperçois que cela fait un an que je ne vous en ai plus parlé.
Voulant faire la surprise à Marie pour son retour des USA, j’avais cessé d'expliquer sa réalisation et maintenant qu’elle est rentrée, je peux   finir les explications et vous le montrer.
Nous en étions resté à la tranchefile et je vous avez parlé du parchemin que j’allais mettre comme peau de couvrure.
En effet la ligne de l’épine dorsale du parchemin représentait assez bien la forme du Chili est Marie avait choisi cette peau pour couvrir les plats du carnet.



Une peau de chèvre chagrinée marron s’harmonise avec le parchemin pour le dos.
Une pièce de titre, également en parchemin, et que j’ai titrée à l’oeser marron (film de couleur), tranche bien sur le dos.







Pour choisir la partie du parchemin que j’utiliserai, un simple cache en papier permet de cerner le meilleur endroit.








Ensuite il faut amincir  les coins, en parant la peau, pour pouvoir les remplier facilement sur l'intérieur des cartons.









Les cartons sont donc collés sur la peau. Ils ont étaient blanchis avec des papiers car le parchemin est transparent. Cela les stabilise aussi et évitera qu' ils cambrent trop en fonction du temps.
Puis les plats sont ensuite posés sur le livre, 











qui est délicatement mis en presse pour qu’ils collent bien.














Après un ponçage des contre-plats, 









je pose un papier de garde de couleur que j’ai linogravé.




Enfin le livre est achevé. 






Si vous voulez reprendre depuis le début les explications de cette reliure : articles du mois de juillet, septembre et octobre 2009, que vous trouverez dans les archives.

mardi 5 octobre 2010

Exposition - Portes ouvertes 2010

Du beau temps, des visiteurs en grand nombre, des reliures remarquables et remarquées, tout était là pour que cet après-midi du 29 septembre soit un bel après-midi !

Nous avons en effet pu faire profiter, tout ceux présents dans l'atelier, d'une belle exposition où l'art de la reliure était  bien représenté (toute modestie mise a part) avec pour seul regret, la petitesse de l'atelier devant l'affluence.
Nous étions heureux de voir l'intérêt de nombreuses personnes, qui posaient des questions et voulaient des explications techniques.






Le noir était de rigueur cette année, sans tristesse ni morosité, puisque c'était un des thèmes, avec la poésie et le polar.   


Rigueur également dans l'exécution des reliures pour une belle finition.







Jacqueline a relié de façons différentes, trois exemplaires du polar touranjeau, écrit par son mari :
" Cochons dingues" de J.P Pineau. 
Buffle rose, et décor tortichonné.
Je vous le recommande. C'est drôle, façon Audiard.





Chaque année la surprise est au 
rendez-vous pour tout l'atelier car les différents groupes découvrent les reliures des autres et moi-même je redécouvre les premières reliures de l'année, que j'avais oubliées. C'était d'ailleurs pour cette raison que nous avions décidé de faire une exposition, dans les premières années de création de l'atelier en 2000, pour que tous voient les reliures de chaque cours et puissent aussi en faire profiter leur famille et leurs amis. Au cours du temps un grand nombre de personnes ont ainsi pu connaitre l'atelier et ses relieurs.

jeudi 2 septembre 2010

Usine Canson à Annonay.

Après de longues semaines de silence je reviens vers vous : la rentrée est là, j'ai rangé mes valises et ouvert mon ordinateur qui était resté fermé dans mes montagnes pyrénéennes, faute de connexion.
Je vais donc pouvoir vous faire profiter de mes promenades estivales à travers la France.
Nous étions fin juillet pour un week-end à Annonay, ville du cuir et des papiers. Que rêver de mieux pour un relieur ! J'ai donc pu visiter les anciennes usines Canson ainsi que le musée du parchemin dont l'inauguration avait eu lieu mi-juin. Dommage que cela soit si loin de mes bases, ce serai une sortie de fin d'année idéale. 
Les usines Canson, devenues "Musée des papeteries Canson et Montgolfier", sont installées au Vidalon dans Annonay, dans la maison natale des frères Montgolfier. C'est un lieu charmant au creux d'un vallon baigné d'un cours d'eau, d'où la première montgolfière s'est envolée. Les "Ingres Vidalon" sont d'ailleurs encore une référence de papier.


Je me rends compte en visitant le musée, de l'importance de la papeterie au début du 20ème siècle . C'était une micro société qui vivait presque en autarcie. Les ouvriers vivaient sur place, logés dans de petites maisons proches de l'usine. Il étaient nourris à midi, avec une épicerie assurant l'approvisionnement sur place pour le reste des repas. Pour faciliter la pratique de leur foi une demande fut faite au diocèse pour la construction d'une chapelle dans l'enceinte de l'usine. Des photos montrent les grandes tablées d'ouvriers, organisées lors des fêtes importantes. C'était une grande famille.
Dans les sous sols de la maison,je découvre une ancienne machine à papier des années 1930, que mon guide mets en route pour moi car je suis toute seule pour cette visite. 
Allez ne soyez pas jaloux !




 Elle est magnifique et fait un bruit merveilleux, tout en rondeurs.


 A l'extrémité de la machine je retrouve le rouleau de la forme à papier filigranée, que j'avais vu dans les escaliers de la maison sans trop savoir comment cela fonctionnait.   


 














            Les rouleaux de formes à           papiers filigranés.

















Une découpeuse à papier (je ne suis pas sûre du tout de la dénomination exacte)est
impressionnante par sa taille et sa précision. Là encore une démonstration est faite avec mise en route de la machine. Je me régale.


Dans les étages, diverses vitrines nous montrent de très beaux papiers filigranés


et un laboratoire papetier : voici tout spécialement pour Yves une série de palmer à peine plus grands que les nôtres...
Il est difficile de se rendre compte de l'échelle, mais le plus petit fait bien 40 cms de haut.




Notre palmer à nous, les relieurs, qui fait environ 6 cms de hauteur.




Je termine là ma visite et vous ferai profiter bientôt du musée du parchemin.

dimanche 25 juillet 2010

4 jours à Porto.

Je viens de passer 4 merveilleux jours au Portugal. Un avion au départ de Tours pour Porto avec Ryan Air était une occasion à ne pas manquer.




 Porto est une ville charmante, d’un charme désuet avec un grand nombre de maisons abandonnées dont les azulejos laissent deviner leur magnificence d’antan. Une ville baignée par le Douro autour duquel règne une grande activité à la fois touristique et vinicole, le tout étant intimement lié.



























Mais je voudrai surtout vous parler d’une librairie atypique, que nous avons découverte lors de nos pérégrinations dans la ville : la librairie LELLO au 144 rua das Carmelitas. Rien que cela fait déjà rêver.

C’est un français, Monsieur Chardron qui créa la librairie « Internacional » en 1869. De style néogothique sa façade blanche est ornée 
de 2 personnages peints figurant la Science, et l’autre l’Art.

 A l’intérieur une vaste salle nous accueille, bordée de rayonnages en bois ouvragé au style gothique qui remplissent toute la hauteur des murs. C’est magnifique : une cathédrale du livre. Des piliers surmontés de sculptures représentent de célèbres écrivains portugais. Du bois partout avec un plancher de parquet ciré, et au centre de la pièce un escalier monumental en chêne qui se sépare en 2 révolutions pour accéder à la galerie qui surplombe la grande salle. 










La galerie.
Au centre du plafond un vitrail dessine l’ex-libris de la librairie et diffuse une belle lumière. 

On marche sur les rails qui permettent de diriger le petit wagonnet qui sert à ranger les livres dans la librairie. Un autre monde… On se surprend à parler tout bas.
Dans une partie de la galerie on peut boire un thé, un café ou bien un porto ! Un lieu vraiment singulier et très impressionnant.




Et à quelques mètres de là, un autre très bel endroit : un ancien magasin tout en bois avec de grandes tables dont je rêverai pour l’atelier 

et qui expose dans sa vitrine les explications de la fabrication des crayons de bois, à mine de graphite. Voici les photos.

La graphite
























Une planche de bois est pré-formée pour insérer la graphite.











La graphite dans la planche de bois.







Puis une seconde planche est posée sur la première.








Les crayons sont pré-découpés.
Et voilà !

Je ne sais pas du tout si c’est vraiment comme cela que se font encore les crayons. Cela paraît très artisanal. Les chinois font-ils leurs crayons de la même façon ?
Nous sommes allés visiter l'impressionnante cathédrale Sé qui surplombe la ville où j'ai vu de très beaux antiphonaires  :

Une dernière photo : celle du confessionnal dans la cathédrale. C’est une feuille de cuivre découpée en dentelle et insérée sur le côté du confessionnal en bois. Une merveille, cachée derrière un vilain rideau rouge.


mardi 6 juillet 2010

Sortie de classe.

Comme les enfants, nous avions notre sortie de fin d'année vendredi dernier, 2 juillet 2010.

Devant le Logis Royal de Loches.



Nous étions 13 ce qui, 
je rassure les superstitieux, n'a pas altéré notre journée bien au contraire. 
Beau temps, mais pas trop chaud, route agréable et pas trop longue, bonne compagnie, bref tout était là pour que nous passions une bonne et belle journée. 


Première étape à Loches, où nous visitons l'exposition du calligraphe Hassan Massoudy au logis royal.
Nous commençons par une vidéo passionnante où Hassan Massoudy d'une voix posée et captivante explique son cheminement dans la calligraphie. Il évoque sa concentration et l'effet qu'elle entraine sur le geste juste, son inspiration et la mise en forme de son travail. Son état tourmenté qui ramasse sa calligraphie sur le centre de la feuille ou au contraire son bonheur qui donne de l'espace à son travail.  Il parle de son respect du texte et le devoir d'une belle écriture : " Je retranscris le verbe de Dieu, je me dois de bien le mettre en forme". Il explique  les différentes sortes d'écritures qu'il emploi en fonction de ce qu'il écrit.


C'est un homme habité de son art, qui m'a beaucoup touché.


L'exposition est très bien faite, avec de grands panneaux explicatifs sur les différentes formes de calligraphies, des vitrines avec les ingrédients nécessaires à la fabrication des encres, les calames et autres objets.



Nous continuons la visite par le donjon où d'autres tableaux sont accrochés et profitons de la superbe vue au sommet. 
Déjeuner sympathique sous une tonnelle recouverte de glycine, juste sous le château, puis départ pour Châteauroux.











En haut du donjon.





















Deuxième étape de notre journée dans la région natale de Florent ROUSSEAU, relieur de grande renommée, où la médiathèque de Châteauroux expose un grand nombre de ses reliures.


       Reliures de Florent Rousseau

Nous ne savons où porter nos yeux devant la quantité de décors, la finesse d'exécution et la créativité débordante, bien connue chez Florent. Chacune et chacun me pose mille questions :




-"Qu'est ce qu'il veut dire par .. ?"
- "Comment a-t-il fait là, tu vois .. ?"

Nous sommes admiratifs et envieux. C'est toujours très stimulant de voir de telles expositions qui  font réfléchir et se remettre en question.
En conclusion une bien belle journée très enrichissante qui donne de nouvelles perspectives pour nos reliures de l'année prochaine: créatives et comme il se doit, toujours très soignées.  


L'exposition d'Hassan MASSOUDY dure jusqu'au 2 août 2010, 
celle de Florent ROUSSEAU jusqu'au 15 juillet 2010.