Papiers linogravés

Papiers linogravés

lundi 20 mai 2019

Papiers linogravés


Journée de papiers linogravés ce samedi à Jardin.

Cette technique est dérivée des papiers dominotés fabriqués au 18ème et 19ème siècle et utilisés pour les fascicules, carnets, brochures qui étaient cousus mais non reliés. Ici au lieu d'utiliser le bois comme support de gravure nous nous servons du lino, matériau plus souple et plus tendre donc plus facile à creuser. 
L'agrément des papiers linogravés, comme des papiers à la colle, est de pouvoir faire facilement ses papiers sans un matériel considérable et sans tout salir autour de soi.
Une table de travail, du lino et une gouge, un peu de couleur, quelques tasseaux de bois et vous êtes prêts pour travailler.







Sur une petite surface de papier vous pouvez facilement faire votre plat pour le livre que vous êtes en train de relier, avec la bonne couleur et le motif recherché. Pas besoin d'utiliser un grand format raisin, on travaille sur ce dont on a besoin.

France et Marie-Noelle ont gravé leurs linos pour créer les tampons. Il faut laisser aller son imagination, ou s'inspirer d'une image. Surtout faire attention à la gouge et ne pas se blesser ...

Puis vient le moment de la gravure sur les papiers.
Là c'est un choix de couleurs à faire bien sûr mais aussi savoir comment imprimer son tampon.

La régularité n'est pas toujours de mise.

Comme toujours, il faut un certain temps avant de se laisser aller. Puis le déclic vient et le geste se fait plus détendu.





Pour présenter divers papiers linogravés réalisables, j'ai fait un petit carnet d'échantillons tout en papier.









Pliage en accordéon d'Hedi Kyle avec baguette en bois dans le dos.

mercredi 24 avril 2019

Un album blizzard. Vous avez dit blizzard ?

Voici une de mes dernières reliures sur une technique de pliage d'Hedi Kyle qu'elle nomme le pliage "Blizzard".


Née à Berlin, Hedi Kyle vit maintenant aux Etats Unis. Conservatrice, elle a co-signé l'un des premiers livres sur les techniques de conservation en bibliothèque le Library Matérials Preservation Manual. Elle est aussi passionnée par le papier et a été très avide d'explorer toutes les possibilités du pliage. Son célèbre flag book (livre à drapeaux)fut pour elle le point de départ de ses réflexions sur les livres et leur confection.

Le pliage blizzard (qu'Hedi Kyle explique avoir inventé un soir de tempête de neige ) a pour point de départ un accordéon. Il permet avec quelques pliages supplémentaires d’insérer des feuilles, des photos ou tout autre carte, sans collages ni couture. 



Cette technique se prête bien à l'album photo en permettant de retirer la page contenant la photo, de l'exposer ou de la changer.

Un montage pour les photos, également de Hedi Kyle,  permet d’insérer les photos dans un cadre, sans collage, ce qui leur laisse toute leur intégrité. 


Le blizzard est monté sur une structure orientale avec un dos en chagrin rouge. 


J'ai linogravé un papier sur fond noir pour les plats et 4 coins en peau renforcent les 4 angles, plus fragiles avec le papier. 


Adaptable à beaucoup de structures comme la boite ou la pochette, ce pliage permet de conserver facilement les documents.

mardi 9 avril 2019

La reliure ORIGATA

C'est comme apprentie cette fois-ci que j'ai suivi le stage de Julie Auzillon au Vésinet pour apprendre la reliure Origata qu'elle a mis au point lors de la bourse de recherche en reliure de création qui lui a été décernée en 2016, par l'atelier du livre de Mariemont.

Il s'agit avec cette bourse de développer, dans les techniques, fonctions et concepts liés à l'art de la reliure, une recherche novatrice inscrite dans une démarche esthétique.


Nous étions 10 participants pour le second stage de Julie sur cette nouvelle technique d'une reliure papier qu'elle a nommée "Origata".

Pourquoi Origata ? Passionnée par le Japon qui guide son travail, dont elle se sent proche de l'esthétique et de la façon d'appréhender les choses, Julie a tout naturellement trouvé une relation entre sa reliure et la pratique japonaise de l'origata. Cousine de l'origami, l'origata représente l'art d'emballer les objets à partir de papier plié.

La couverture n'est plus "l'accessoire mais devient l'objet lui même" (R.Barthes).


Nous avons donc plié le papier, enveloppe de nos cahiers, pour lier et assembler couverture et gardes, à l'aide de rubans en Tyvec, teinté ou pas, et de fil de lin. 


Deux reliures sont réalisées pendant ces 2 jours :
l'une avec 1 seul cahier et la seconde avec 2 ou 3 cahiers.



Sans colle en contact avec le livre et sur la couverture, c'est une belle reliure de conservation.








Comme toujours une reliure exigeante qui demande minutie et précision dans le façonnage du gabarit pour faire les fentes qui laisseront passer les rubans.


Rigueur dans la découpe où il faut aligner les différents repères.







Couper une épaisseur à certains endroits, 2 épaisseurs à d'autres. Comprendre le procédé, reporter,inverser, inciser. 
Nous étions concentrés...






Reliure élégante qui permettra beaucoup de déclinaisons. 














J'ai réalisé mes rubans en parchemin pour l'une des 2 reliures et c'était très agréable à travailler. 








J'imagine déjà une reliure tout en parchemin, dont le travail devrait être facilité par le non-collage. 

Merci Julie !

Julie a fait un livre, édité par Mariemont aux éditions Esperluette, sur la reliure Origata. Très bien fait avec de belles photos, il est un excellent support au stage :
https://julieauzillon.myshopify.com/products/reliure-origata-de-lemballage-japonais-au-livre

lundi 18 mars 2019

La reliure "VINCI" avec dos en bois.



Ce fut encore un bien agréable week-end, avec 2 jours de stage autour de cette reliure de conservation en papier, montée sur une garde en accordéon qui permet une belle ouverture du livre.












Olivier et Emma se sont armés de patience pour la couture de la garde qui n'est pas facile et oblige sans cousoir à manipuler le cahier, la garde et l'onglet de compensation en même temps. 
Et en plus la "maîtresse" oublie de dire qu'il faut tout coudre ensemble... Ah là là !! Heureusement Olivier et Emma sont restés sereins. 

Il faut trois coutures successives pour assembler cette reliure :
celle des cahiers avec la garde accordéon et sa compensation,
celle qui assemble les accordéons entre eux,
celle enfin qui assemble le livre à la couverture et aux baguettes de bois.
Autant dire qu'il faut aimé coudre et ne pas avoir trop de cahiers !




Et avec  les petits morceaux de parchemin, renforts de la couture finale, il faut beaucoup de minutie.



Le papier marbré de son amie Mireille Porterie, faisait une belle harmonie entre la reliure  d'Olivier et les illustrations de son livre.








Emma avait choisi la solution plus facile de travailler sur des cahiers blancs et la réalisation en a été simplifiée.


Au choix il est possible d’insérer sur le dos deux petites baguettes de bois ou alors une seule baguette plus épaisse si l'on a la chance de trouver celle qui s'adapte parfaitement à l'épaisseur de son livre. 
C'est un bel élément de décor qui met le dos en valeur.


Une belle ouverture encore pour cette reliure élégante, qui permet de marier les couleurs dans ses onglets de compensation et dans les fils de couture.
Une reliure pleine de sobriété rehaussée par son dos en bois.


lundi 11 février 2019

Documents épars et reliure sur tiges

L'atelier reprends vie et je m'en réjouis avec, cette fin de semaine dernière, 3 jours de stage. 
Une journée autour de documents épars à réunir, pour faire des cahiers à relier. J'étais contente de retrouver Candice et Nathalie, venues en Touraine il y a quelques années et qui originaires de Lyon et de Lausanne étaient contentes de me voir me rapprocher de leur base !

Des dessins d'enfants, des cartes de félicitation, des documents familiaux datant des années 40, chacune avait des souvenirs précieux à rassembler.









Nous avons pu mettre en pratique la technique de l'incrustation d'un document dans une feuille : cela permet de consolider le document 
sur un support tout en l'incrustant de façon à pouvoir voir le verso comme le recto. 



Il a fallu calculer les longueurs d'onglets nécessaires au pliage, harmoniser les dispositions pour combler les épaisseurs, faire des gabarits : la journée a passé vite mais les résultats étaient à la hauteur des attentes. 




Montage de lettres sur onglets.(Ch. de La Bernardie)



Les cahiers étaient prêts, il ne reste plus qu'à trouver la reliure adéquate.


Reliure sur tiges de bois (Isabelle)











Le second stage était sur la reliure sur tiges, où je retrouvais Isabelle.

Une belle harmonie de couleur pour son dos en peau de 2 couleurs et sa couverture en papier marbré, réalisé par elle-même.

Cette reliure permet de mettre en pratique tout le savoir-faire minutieux du relieur et laisse libre cours à la créativité de chacun dans le choix des couleurs et des matières.

Très précise comme toujours,  cette reliure offre une ouverture maximale et un grand confort de lecture. 



Elle assure également au livre une bonne conservation car toute la reliure proprement dite se fait sur les onglets de montage qui ne sont retenus aux cahiers que par une simple couture, sans collage.

Elagage de la peau, découpe fine des passages de tiges, collage précis, tout cela est nécessaire à la bonne finition de la reliure, et permet la satisfaction, que j'apprécie tant, du travail bien fait.